Thrips de l'oignon
Le thrips de l'oignon (Thrips tabaci) est un insecte piqueur-suceur redoutable pour de nombreuses cultures potagères, notamment l'oignon, l'ail et l'asperge. Ces minuscules ravageurs, souvent difficiles à repérer à l'œil nu, peuvent causer des dégâts significatifs, compromettant la croissance et le rendement des plantes. Leur présence se manifeste par des altérations foliaires caractéristiques, résultant de leur alimentation sur la sève des tissus végétaux. Ces insectes polyphages se nourrissent en perforant les cellules épidermiques pour en aspirer le contenu, laissant derrière eux des cicatrices argentées. Une gestion proactive est cruciale pour limiter leur impact, en particulier dans les systèmes de production biologique où les options de traitement sont encadrées par la réglementation AB UE 2018/848. L'identification précoce des symptômes et l'application de méthodes préventives sont les piliers d'une protection réussie.
Symptômes
- Feuilles présentant des taches argentées ou blanchâtres, souvent accompagnées de petits points noirs (excréments des thrips).
- Déformation, enroulement ou recroquevillement des jeunes feuilles et des tiges.
- Retard de croissance général de la plante, avec un aspect chétif.
- Jaunissement progressif et dessèchement prématuré du feuillage, débutant souvent par les pointes.
- Dans les cas d'infestation sévère, apparition de nécroses et flétrissement complet des parties aériennes.
Causes
Le développement des populations de thrips de l'oignon est fortement influencé par les conditions environnementales. Les températures élevées, généralement entre 20°C et 30°C, accélèrent leur cycle de vie, permettant de multiples générations par saison. Une faible humidité ambiante est également propice à leur prolifération, car elle réduit la mortalité des larves et des adultes. La transmission s'effectue principalement par le vent, qui transporte les adultes sur de longues distances, mais aussi par le déplacement de plants infestés ou l'utilisation d'outils non nettoyés. Les cultures sous abri chaud et sec sont particulièrement vulnérables. Une surveillance attentive est donc primordiale pour détecter les premières infestations.
Traitements biologiques
- **Savon noir** : Solution de savon noir (15-20 g/L d'eau) à pulvériser sur le feuillage, agissant par contact pour asphyxier les thrips. À renouveler tous les 3-5 jours si nécessaire.
- **Soufre mouillable** : Utilisable à 80-100 g/10L d'eau. Agit comme répulsif et acaricide léger. Appliquer en préventif ou dès les premiers signes, en évitant les températures supérieures à 28°C pour prévenir les brûlures foliaires.
- **Pyréthrines naturelles** : Extraits de chrysanthème, homologués en AB. Agissent par contact sur le système nerveux des insectes. À utiliser avec parcimonie et en soirée pour préserver les auxiliaires.
- **Argile kaolinite** : Pulvérisée sur le feuillage, elle crée une barrière physique gênant la ponte et l'alimentation des thrips. Peut également réduire le stress hydrique.
- **Bouillie bordelaise (cuivre)** : Bien que principalement fongicide, une application peut avoir un effet répulsif léger sur certains ravageurs. Pour le jardinier amateur, limiter à 2-3 traitements par saison. La réglementation AB UE impose un plafond de 4 kg de cuivre métal/ha/an en moyenne sur 7 ans (soit 28 kg cumulés sur cette période).
- Pulvériser tôt le matin ou en fin de journée, jamais en plein soleil (risque de brûlure foliaire)
- Porter gants et lunettes pour les traitements à base de cuivre (bouillie bordelaise) ou de soufre
- Respecter strictement les dosages indiqués — un surdosage est inefficace et peut être phytotoxique
- Cuivre en agriculture biologique : plafond réglementaire UE de 4 kg/ha/an en moyenne sur 7 ans (28 kg/ha cumulés). Ne pas dépasser.
- Tenir hors de portée des enfants et animaux. Conserver les préparations dans des contenants étiquetés
- En cas de doute sur le diagnostic ou de cas critique, consulter votre DRAAF régionale ou un professionnel
Les solutions naturelles ont une efficacité préventive et limitée en curatif. Face à une infection avancée ou en contexte de verger commercial, consultez un conseiller technique (chambre d'agriculture, CTIFL, INRAE) avant intervention. Ce contenu ne remplace pas un diagnostic professionnel.
- Encyclopédie INRAE Ephytia : ephytia.inrae.fr
- CTIFL : ctifl.fr
- Réglementation cuivre AB — ANSES : anses.fr
Prévention
- **Rotation des cultures** : Éviter de cultiver des alliacées (oignon, ail) au même endroit plusieurs années de suite pour rompre le cycle de vie des thrips.
- **Désherbage rigoureux** : Éliminer les adventices autour des cultures, car elles peuvent servir de refuges et de sources de nourriture alternatives aux thrips.
- **Arrosage par aspersion** : Des arrosages réguliers par aspersion peuvent perturber les thrips adultes et laver une partie des larves et œufs.
- **Favoriser les auxiliaires** : Attirer les prédateurs naturels des thrips, comme les punaises Orius, les acariens prédateurs ou les chrysopes, en installant des bandes fleuries et des habitats adaptés.
- **Utilisation de pièges chromatiques** : Installer des pièges englués jaunes ou bleus dès le début de la saison pour détecter et piéger les premiers adultes.
- **Choix de variétés tolérantes** : Opter pour des variétés résistantes ou tolérantes disponibles dans les catalogues semenciers français (CTIFL, INRAE) pour réduire la vulnérabilité des cultures.