Attaque de pucerons
Les pucerons (Aphididae) sont de petits insectes suceurs appartenant à l'ordre des hémiptères. Ils peuvent coloniser une grande variété de plantes, y compris les légumineuses, les crucifères, les tomates, les concombres et bien d'autres. Ils se reproduisent à une vitesse extraordinaire, avec une capacité à donner naissance à de nouvelles générations en l'espace de quelques jours. Les dégâts directs sont significatifs, allant de la déformation des feuilles à un retard de croissance, et ils peuvent également transmettre de nombreux virus à la plante. En outre, la sécrétion de miellat par les pucerons attire les fourmis et favorise le développement du fumagine, un dépôt noir et collant qui peut provoquer des problèmes additionnels pour la plante.
Symptômes
Comment reconnaître une attaque de pucerons ?
Les pucerons sont identifiables par des colonies serrées de petits insectes verts, noirs ou roses sur les jeunes pousses, le dessous des feuilles et les boutons floraux. Les feuilles touchées se recroquevillent, jaunissent ou se déforment. Un dépôt noir et collant (fumagine) ou la présence de fourmis confirment l'infestation.
Pourquoi y a-t-il autant de pucerons sur mes plantes ?
Les pucerons se multiplient massivement quand le feuillage est tendre (excès d'azote), quand les prédateurs naturels manquent (coccinelles, syrphes), ou quand les températures restent entre 15 et 25 °C. Selon l'espèce et les conditions, une femelle peut engendrer plusieurs générations sur une même saison par parthénogenèse (sans accouplement).
Les pucerons sont-ils dangereux pour les plantes ?
Oui, les pucerons affaiblissent la plante en aspirant la sève et transmettent de nombreux virus végétaux. Le miellat qu'ils sécrètent favorise la fumagine, un champignon noir qui bloque la photosynthèse. Sans intervention, ils peuvent provoquer un retard de croissance et avorter fleurs et fruits.
- Colonies de petits insectes verts, noirs ou roses sur les jeunes pousses
- Feuilles qui se recroquevillent, jaunissent ou déforment
- Présence de fourmis sur la plante (elles élèvent les pucerons)
- Dépôt noir et collant (fumagine) sur les feuilles
- Bourgeons et fleurs avortés
Causes
Les pucerons se multiplient par parthénogenèse (sans mâle) dès les températures douces du printemps. L'excès d'azote dans le sol favorise leur développement en produisant un feuillage tendre. L'absence de prédateurs naturels (coccinelles, syrphes, larves de chrysopes) dans un jardin trop "propre" augmente aussi les risques.
Traitements biologiques
- Savon noir : 20mL/L d'eau, pulvériser directement sur les colonies matin et soir
- Infusion de piment fort : macérer 2 piments dans 1L d'eau, pulvériser
- Purin d'ortie fermenté : pulvériser dilué à 10%, repousse les pucerons
- Huile de neem : 5mL/L, efficace en traitement de fond
- Lâcher des coccinelles dans le jardin (biocontrôle naturel)
- Pulvériser tôt le matin ou en fin de journée, jamais en plein soleil (risque de brûlure foliaire)
- Porter gants et lunettes pour les traitements à base de cuivre (bouillie bordelaise) ou de soufre
- Respecter strictement les dosages indiqués — un surdosage est inefficace et peut être phytotoxique
- Tenir hors de portée des enfants et animaux. Conserver les préparations dans des contenants étiquetés
- En cas de doute sur le diagnostic ou de cas critique, consulter votre DRAAF régionale ou un professionnel
- Encyclopédie INRAE Ephytia (santé des plantes) : ephytia.inrae.fr
- CTIFL — Centre technique interprofessionnel des fruits et légumes : ctifl.fr
Prévention
- Planter des « plantes pièges » : capucine, tagète, souci
- Attirer les auxiliaires avec des fleurs mellifères (bourrache, phacélie)
- Éviter les excès d'engrais azotés
- Surveiller régulièrement le dessous des feuilles au printemps
- Utiliser des filets anti-insectes sur les jeunes plants