Puce altise du chou
Les altises du chou, petits coléoptères sauteurs de la famille des Chrysomelidae, représentent une menace significative pour les cultures de Brassicacées, notamment le chou, le radis et le navet. Ces insectes, souvent appelés "puces de terre" en raison de leur capacité à bondir, sont particulièrement actifs par temps chaud et sec. Leurs attaques peuvent survenir dès la levée des plantules, causant des dégâts irréversibles aux jeunes pousses et compromettant gravement le rendement. Identifier rapidement leur présence et comprendre leur cycle de vie est crucial pour mettre en œuvre des stratégies de gestion biologique efficaces, conformes aux principes de l'agriculture biologique et aux recommandations des organismes de recherche français pour protéger les cultures potagères sans recourir à des intrants de synthèse.
Symptômes
- Petits trous ronds ou irréguliers, comme des criblures, sur les feuilles.
- Feuilles jaunies ou flétries, particulièrement sur les jeunes plants.
- Ralentissement de la croissance, voire mort des plantules en cas d'infestation sévère.
- Présence de petits coléoptères noirs, brillants, mesurant 2 à 3 mm, qui sautent lorsqu'ils sont dérangés.
- Déformation des feuilles et des cotylédons.
- Présence de larves blanchâtres sur les racines (moins visible, mais peut aggraver les dégâts).
Causes
L'activité des puces altises est fortement influencée par les conditions environnementales. Les périodes de chaleur et de sécheresse favorisent leur prolifération et leur appétit, rendant les plantes plus vulnérables au stress hydrique et aux attaques. Un sol pauvre ou mal drainé peut également affaiblir les plants, les rendant plus sensibles. La transmission se fait principalement par le déplacement des adultes d'une plante à l'autre, ou par l'émergence des larves du sol où elles ont hiverné. Les résidus de culture non nettoyés ou la présence de mauvaises herbes de la famille des Brassicacées (moutarde sauvage, ravenelle) peuvent servir de refuges et de sources d'infestation pour les altises.
Traitements biologiques
- **Pyréthrine naturelle (extrait de chrysanthème)** : Utilisable en agriculture biologique, elle agit par contact et ingestion. Appliquer en soirée pour préserver les pollinisateurs et limiter la dégradation par les UV. Respecter scrupuleusement les doses et fréquences indiquées par le fabricant.
- **Savon noir** : Diluer 15-20 ml de savon noir liquide (à base d'huile d'olive ou de lin) par litre d'eau. Pulvériser sur et sous les feuilles. Le savon noir étouffe les insectes et nettoie le miellat, mais son action est principalement mécanique et nécessite des applications répétées.
- **Terre de diatomée** : Saupoudrer finement sur les feuilles et le sol autour des plants. Ses particules abrasives blessent l'exosquelette des altises, entraînant leur déshydratation. Appliquer par temps sec et renouveler après la pluie.
- **Purin d'ortie ou de prêle** : Utiliser en pulvérisation foliaire dilué à 10% (1L de purin pour 9L d'eau) pour renforcer les défenses naturelles des plantes et les rendre moins attractives aux ravageurs. Ces purins sont des stimulants et ne sont pas curatifs face à une infestation déclarée.
- **Pièges chromatiques jaunes englués** : Positionner ces pièges à proximité des cultures pour capturer les adultes et évaluer le niveau d'infestation. Ils peuvent contribuer à réduire la population d'altises.
- Pulvériser tôt le matin ou en fin de journée, jamais en plein soleil (risque de brûlure foliaire)
- Porter gants et lunettes pour les traitements à base de cuivre (bouillie bordelaise) ou de soufre
- Respecter strictement les dosages indiqués — un surdosage est inefficace et peut être phytotoxique
- Cuivre en agriculture biologique : plafond réglementaire UE de 4 kg/ha/an en moyenne sur 7 ans (28 kg/ha cumulés). Ne pas dépasser.
- Tenir hors de portée des enfants et animaux. Conserver les préparations dans des contenants étiquetés
- En cas de doute sur le diagnostic ou de cas critique, consulter votre DRAAF régionale ou un professionnel
Les solutions naturelles ont une efficacité préventive et limitée en curatif. Face à une infection avancée ou en contexte de verger commercial, consultez un conseiller technique (chambre d'agriculture, CTIFL, INRAE) avant intervention. Ce contenu ne remplace pas un diagnostic professionnel.
- Encyclopédie INRAE Ephytia : ephytia.inrae.fr
- CTIFL : ctifl.fr
- Réglementation cuivre AB — ANSES : anses.fr
Prévention
- **Rotation des cultures** : Éviter de cultiver des Brassicacées sur la même parcelle plusieurs années de suite pour rompre le cycle de vie des altises.
- **Voiles anti-insectes** : Installer des voiles de protection très fins dès la plantation ou le semis pour empêcher les altises d'atteindre les jeunes plants. Fixer les bords au sol pour une efficacité maximale.
- **Semis échelonnés ou précoces/tardifs** : Semer en dehors des périodes de forte activité des altises (souvent au printemps et en fin d'été) peut aider à éviter les pics d'infestation sur les jeunes plants.
- **Variétés tolérantes** : Choisir des variétés de chou, radis ou navet réputées pour leur tolérance aux altises, disponibles dans les catalogues semenciers FR (CTIFL, INRAE).
- **Association de cultures** : Planter des espèces répulsives, comme la menthe, le romarin ou l'absinthe, à proximité des cultures de Brassicacées peut aider à éloigner les altises.
- **Nettoyage du sol** : Éliminer les résidus de culture et les mauvaises herbes hôtes (moutarde sauvage, ravenelle) pour réduire les sites d'hivernage et de reproduction des altises.