Sauterelle verte (Tettigonia)
Présente dans de nombreux écosystèmes, la sauterelle verte (Tettigonia viridissima) est un grand insecte orthoptère, souvent perçu comme un élément inoffensif de la biodiversité. Cependant, dans certaines conditions, et notamment en présence de populations denses, cet herbivore peut causer des dégâts significatifs aux cultures potagères et aux plantes ornementales. Bien que principalement phytophage, se nourrissant de feuilles, de fleurs et de jeunes pousses, elle peut occasionnellement consommer de petits insectes. Son activité est principalement nocturne, mais elle peut être observée de jour, surtout par temps chaud. Comprendre son cycle de vie et ses préférences alimentaires est essentiel pour gérer son impact dans le cadre d'une approche de jardinage biologique et respectueuse de l'environnement, conformément aux principes de l'agriculture biologique.
Symptômes
- Morsures et perforations irrégulières sur les feuilles, souvent en bordure ou au centre.
- Dégâts sur les jeunes pousses et les bourgeons, pouvant entraîner un retard de croissance.
- Consommation des pétales de fleurs, affectant la fructification ou l'esthétique.
- Atteintes aux jeunes fruits et légumes en développement, laissant des marques ou des creux.
- Défoliation partielle ou totale sur les plantes les plus jeunes ou les plus tendres.
- Présence visible de l'insecte, de grande taille (jusqu'à 5 cm), de couleur verte, souvent camouflé dans le feuillage.
Causes
Le développement et la prolifération des sauterelles vertes sont souvent favorisés par des environnements riches en végétation diversifiée, offrant à la fois nourriture et abri. Les périodes de chaleur et de sécheresse peuvent inciter ces insectes à se concentrer sur les cultures irriguées, plus juteuses. L'absence de prédateurs naturels, due à un déséquilibre écologique, peut également contribuer à une augmentation de leurs populations. Contrairement aux maladies fongiques, l'humidité n'est pas un facteur direct de leur apparition, mais elle influence la vigueur des plantes. La transmission n'est pas un concept applicable ici, car il s'agit d'un insecte mobile qui se déplace pour se nourrir et se reproduire, colonisant de nouveaux espaces en fonction des ressources disponibles.
Traitements biologiques
- **Ramassage manuel** : Étant de grande taille, les sauterelles peuvent être collectées à la main, idéalement le soir ou tôt le matin quand elles sont moins actives, et déplacées loin des cultures.
- **Filets anti-insectes** : L'installation de voiles ou de filets de protection à mailles fines sur les cultures les plus sensibles peut empêcher physiquement les sauterelles d'atteindre les plantes.
- **Favoriser les prédateurs naturels** : Attirer les oiseaux (mésanges, rouges-gorges), les hérissons, les lézards et certaines araignées dans le jardin en leur offrant des abris et des points d'eau.
- **Purin de prêle ou d'ortie** : Utiliser ces purins en pulvérisation foliaire pour renforcer les défenses naturelles des plantes et améliorer leur vigueur, les rendant potentiellement moins attractives ou plus résistantes aux attaques (action préventive/stimulante uniquement).
- **Rotation des cultures** : Bien que moins directe pour un insecte aussi mobile, une bonne rotation permet de maintenir la vitalité du sol et des plantes, contribuant à un écosystème plus résilient.
- Pulvériser tôt le matin ou en fin de journée, jamais en plein soleil (risque de brûlure foliaire)
- Porter gants et lunettes pour les traitements à base de cuivre (bouillie bordelaise) ou de soufre
- Respecter strictement les dosages indiqués — un surdosage est inefficace et peut être phytotoxique
- Cuivre en agriculture biologique : plafond réglementaire UE de 4 kg/ha/an en moyenne sur 7 ans (28 kg/ha cumulés). Ne pas dépasser.
- Tenir hors de portée des enfants et animaux. Conserver les préparations dans des contenants étiquetés
- En cas de doute sur le diagnostic ou de cas critique, consulter votre DRAAF régionale ou un professionnel
Les solutions naturelles ont une efficacité préventive et limitée en curatif. Face à une infection avancée ou en contexte de verger commercial, consultez un conseiller technique (chambre d'agriculture, CTIFL, INRAE) avant intervention. Ce contenu ne remplace pas un diagnostic professionnel.
- Encyclopédie INRAE Ephytia : ephytia.inrae.fr
- CTIFL : ctifl.fr
- Réglementation cuivre AB — ANSES : anses.fr
Prévention
- **Diversification des cultures** : Planter une grande variété d'espèces pour diluer l'impact sur une seule culture et créer un écosystème plus équilibré.
- **Aménagement de refuges pour la faune auxiliaire** : Installer des haies champêtres, des hôtels à insectes, des tas de bois pour attirer les prédateurs naturels des sauterelles.
- **Entretien régulier du jardin** : Surveiller les cultures pour détecter les premiers signes de présence et intervenir rapidement, avant que les populations ne deviennent importantes.
- **Utilisation de plantes répulsives** : Certaines plantes aromatiques ou à forte odeur peuvent avoir un effet répulsif, bien que leur efficacité contre les sauterelles soit variable et non systématique.
- **Gestion de l'enherbement** : Maintenir un équilibre entre zones enherbées et cultures pour ne pas créer un habitat trop favorable à leur reproduction à proximité immédiate des parcelles sensibles.
- **Vérification des plants avant plantation** : S'assurer qu'aucun individu n'est présent sur les jeunes plants introduits au jardin.