Cicade écumeuse
Cicadelle écumeuse, ou Philaenus spumarius, est un insecte piqueur-suceur polyphage bien connu des jardiniers et arboriculteurs. Sa présence se manifeste par des amas de mousse blanche, souvent appelés "crachats de coucou", qui protègent ses larves. Bien que rarement létale pour les plantes hôtes, cette cicadelle peut affaiblir les végétaux, notamment les jeunes pousses et les ligneux ornementaux ou fruitiers, en prélevant la sève. Son impact est particulièrement notable sur la vigueur générale des plantes et peut, dans certains cas, favoriser l'installation d'autres pathogènes ou stress. En agriculture biologique, la gestion de ce ravageur repose sur une approche intégrée, privilégiant la prévention et des méthodes douces respectueuses de l'environnement et de la biodiversité auxiliaire. Comprendre son cycle de vie et ses préférences est essentiel pour mettre en œuvre des stratégies efficaces et durables, conformes aux principes de l'agriculture biologique et aux recommandations des organismes comme l'INRAE et le CTIFL. La cicadelle écumeuse est également un vecteur potentiel de la bactérie Xylella fastidiosa, ce qui renforce l'importance de sa surveillance et de sa régulation dans les zones à risque.
Symptômes
- Présence d'amas de mousse blanche, ressemblant à de la salive, sur les tiges et le revers des feuilles.
- Rétrécissement ou déformation des jeunes pousses et des feuilles.
- Ralentissement de la croissance des plantes affectées.
- Jaunissement ou chlorose légère du feuillage, signe de prélèvement de sève.
- Dans les cas d'infestation sévère, affaiblissement généralisé de la plante, la rendant plus sensible à d'autres stress.
- Développement de fumagine sur le miellat excrété par d'autres insectes piqueurs-suceurs souvent associés, bien que la cicadelle écumeuse elle-même produise peu de miellat.
Causes
Le développement de la cicadelle écumeuse est favorisé par des conditions climatiques tempérées et une humidité ambiante suffisante, propices à l'éclosion des œufs et à la survie des larves dans leur écume protectrice. Les adultes sont très mobiles et peuvent coloniser rapidement de nouvelles zones. La transmission se fait principalement par le vol des adultes d'une plante à l'autre, ou par la dispersion des larves sur de courtes distances. Les populations sont souvent plus importantes dans les zones où la végétation est dense et diversifiée, offrant de multiples hôtes. La présence de graminées et de légumineuses, en particulier, peut servir de réservoir pour ce ravageur polyphage.
Traitements biologiques
- Lutte mécanique manuelle : Éliminer les amas de mousse et les larves à la main ou par un jet d'eau puissant. Cette méthode est efficace pour de petites infestations et sur des plantes accessibles.
- Savon noir : Pulvériser une solution de savon noir (15-20 g/L d'eau) sur les parties atteintes. Le savon noir agit par contact en étouffant les larves. Répéter l'application si nécessaire, en soirée pour éviter les brûlures foliaires.
- Huile de colza : Utiliser des préparations à base d'huile de colza (type HUILE DE PARAFFINE, homologuée AB), qui agissent par asphyxie des larves et œufs. Respecter scrupuleusement les dosages et périodes d'application indiqués par le fabricant.
- Prédateurs naturels : Favoriser la présence d'auxiliaires comme les chrysopes, les syrphes ou certaines espèces d'oiseaux qui peuvent consommer les adultes et les larves. Installer des refuges et des plantes hôtes pour ces prédateurs.
- Purin de fougère : Appliquer en pulvérisation foliaire dilué à 10% comme répulsif léger et stimulant des défenses des plantes. Ne pas considérer comme un traitement curatif direct.
- ATTENTION : Les huiles essentielles sont INTERDITES en production agricole biologique. Leur usage est réservé au jardin d'ornement, hors production alimentaire.
- Pulvériser tôt le matin ou en fin de journée, jamais en plein soleil (risque de brûlure foliaire)
- Porter gants et lunettes pour les traitements à base de cuivre (bouillie bordelaise) ou de soufre
- Respecter strictement les dosages indiqués — un surdosage est inefficace et peut être phytotoxique
- Cuivre en agriculture biologique : plafond réglementaire UE de 4 kg/ha/an en moyenne sur 7 ans (28 kg/ha cumulés). Ne pas dépasser.
- Tenir hors de portée des enfants et animaux. Conserver les préparations dans des contenants étiquetés
- En cas de doute sur le diagnostic ou de cas critique, consulter votre DRAAF régionale ou un professionnel
Les solutions naturelles ont une efficacité préventive et limitée en curatif. Face à une infection avancée ou en contexte de verger commercial, consultez un conseiller technique (chambre d'agriculture, CTIFL, INRAE) avant intervention. Ce contenu ne remplace pas un diagnostic professionnel.
- Encyclopédie INRAE Ephytia : ephytia.inrae.fr
- CTIFL : ctifl.fr
- Réglementation cuivre AB — ANSES : anses.fr
Prévention
- Diversification des cultures : Maintenir une biodiversité élevée dans le jardin pour favoriser les équilibres naturels et la présence d'auxiliaires.
- Entretien régulier : Désherber les abords des cultures, notamment les graminées et légumineuses qui peuvent servir de réservoirs aux cicadelles.
- Rotation des cultures : Éviter de replanter les mêmes espèces au même endroit pour rompre les cycles des ravageurs.
- Paillage : Utiliser un paillage au pied des plantes pour limiter la prolifération des adventices et maintenir une humidité stable, tout en favorisant la vie du sol.
- Surveillance régulière : Inspecter fréquemment les plantes, surtout au printemps, pour détecter les premiers signes d'infestation et intervenir précocement.
- Purins de plantes : Utiliser des purins d'ortie ou de prêle dilués en pulvérisation foliaire pour renforcer la vitalité des plantes et stimuler leurs défenses naturelles, les rendant moins attractives ou plus résistantes aux attaques.