Clubroot du chou (nodosités)
Le Clubroot du chou, ou hernie des crucifères, est une maladie grave causée par le protiste tellurique *Plasmodiophora brassicae*. Il affecte principalement les cultures de la famille des Brassicacées, telles que le chou, le brocoli, le chou-fleur, mais aussi le radis, le navet et la roquette. Cette affection se manifeste par un développement anormal des racines, qui gonflent et forment des nodosités ou des galles. Ces déformations entravent l'absorption de l'eau et des nutriments par la plante, entraînant un flétrissement, un retard de croissance et une diminution significative des rendements. Le pathogène est particulièrement persistant dans le sol, où ses spores de repos peuvent survivre pendant de nombreuses années, rendant la gestion de la maladie complexe et nécessitant des stratégies de prévention à long terme. Sa présence peut rendre la culture des Brassicacées impossible sur les parcelles fortement contaminées.
Symptômes
- Flétrissement des feuilles, particulièrement visible par temps chaud et ensoleillé, même si le sol est humide.
- Retard de croissance généralisé et nanisme des plantes affectées.
- Jaunissement ou coloration pourpre des feuilles inférieures, signe de carences nutritives.
- Formation de galles ou de nodosités blanchâtres et difformes sur les racines principales et secondaires, qui peuvent atteindre la taille d'une balle de golf.
- Pourriture des racines atteintes dans les stades avancés de la maladie, libérant une odeur désagréable.
- Absence de formation de pomme (pour les choux) ou de fleur (pour les brocolis/choux-fleurs) ou production de têtes de très petite taille.
Causes
La maladie est provoquée par *Plasmodiophora brassicae*, un organisme unicellulaire qui se développe dans les cellules racinaires. Sa prolifération est favorisée par des sols acides, avec un pH inférieur à 7,0, et une humidité élevée. Les températures du sol entre 18°C et 25°C sont optimales pour son développement. La transmission s'effectue principalement par le mouvement de sol contaminé (outils, bottes, eau de ruissellement, vent), par l'utilisation de plants infectés ou par la présence de mauvaises herbes hôtes. Les spores de repos du pathogène peuvent rester viables dans le sol pendant 10 à 20 ans, rendant son éradication extrêmement difficile une fois qu'il est établi sur une parcelle.
Traitements biologiques
- **Ajustement du pH du sol (chaulage)**: Élever le pH du sol au-dessus de 7,2-7,5 avec des amendements calciques (chaux agricole, lithothamne) pour créer un environnement défavorable au développement du pathogène. Cette action est la plus efficace pour gérer la maladie dans le sol.
- **Éradication des plantes infectées**: Retirer et détruire (ne pas composter) les plantes atteintes dès leur identification pour limiter la dissémination des spores dans le sol.
- **Solarisation du sol**: Pour les petites surfaces, couvrir le sol humide avec une bâche transparente en plein été pendant 4 à 6 semaines peut réduire significativement la charge en spores du pathogène par la chaleur.
- **Utilisation de biofongicides à base de micro-organismes antagonistes**: Des préparations à base de *Bacillus subtilis* ou de *Trichoderma harzianum* peuvent être appliquées au sol pour renforcer la microflore bénéfique et améliorer la résilience des racines face aux agressions.
- **Amélioration du drainage du sol**: Corriger les problèmes de compaction et de stagnation d'eau par des apports de matière organique et un travail du sol adapté peut limiter les conditions favorables au pathogène.
- Pulvériser tôt le matin ou en fin de journée, jamais en plein soleil (risque de brûlure foliaire)
- Porter gants et lunettes pour les traitements à base de cuivre (bouillie bordelaise) ou de soufre
- Respecter strictement les dosages indiqués — un surdosage est inefficace et peut être phytotoxique
- Cuivre en agriculture biologique : plafond réglementaire UE de 4 kg/ha/an en moyenne sur 7 ans (28 kg/ha cumulés). Ne pas dépasser.
- Tenir hors de portée des enfants et animaux. Conserver les préparations dans des contenants étiquetés
- En cas de doute sur le diagnostic ou de cas critique, consulter votre DRAAF régionale ou un professionnel
Les solutions naturelles ont une efficacité préventive et limitée en curatif. Face à une infection avancée ou en contexte de verger commercial, consultez un conseiller technique (chambre d'agriculture, CTIFL, INRAE) avant intervention. Ce contenu ne remplace pas un diagnostic professionnel.
- Encyclopédie INRAE Ephytia : ephytia.inrae.fr
- CTIFL : ctifl.fr
- Réglementation cuivre AB — ANSES : anses.fr
Prévention
- **Rotation culturale longue**: Mettre en place une rotation d'au moins 7 ans sans Brassicacées sur la même parcelle pour réduire la population de spores dans le sol.
- **Gestion proactive du pH du sol**: Maintenir un pH du sol supérieur à 7,2-7,5 par des apports réguliers de chaux calcique ou dolomitique, en fonction des analyses de sol.
- **Sélection de variétés tolérantes**: Choisir des variétés de choux, brocolis ou choux-fleurs mentionnées comme tolérantes ou résistantes au Clubroot dans les catalogues semenciers professionnels (CTIFL, INRAE).
- **Hygiène rigoureuse**: Nettoyer et désinfecter systématiquement les outils de jardinage, les bottes et le matériel de culture après chaque utilisation, surtout si l'on travaille sur des parcelles potentiellement contaminées.
- **Utilisation de plants sains**: S'assurer de la provenance des jeunes plants et privilégier des plants certifiés indemnes de maladies pour éviter d'introduire le pathogène.
- **Apports de purins de plantes**: Utiliser des purins d'ortie ou de prêle en arrosage au pied des jeunes plants pour stimuler leur croissance racinaire et renforcer leurs défenses naturelles, en tant que mesure préventive et de soutien.