Carence en magnésium
Un élément nutritif essentiel, le magnésium (Mg) joue un rôle crucial dans la photosynthèse, étant le constituant central de la molécule de chlorophylle. Sa carence affecte directement la capacité des plantes à produire de l'énergie, se manifestant par des symptômes visuels caractéristiques. Fréquemment observée sur des cultures exigeantes comme la tomate, la laitue et la fraise, cette déficience peut réduire significativement les rendements et la qualité des récoltes. Comprendre ses causes et mettre en œuvre des stratégies de gestion biologique est fondamental pour maintenir la vigueur des cultures et assurer une production saine et abondante, en accord avec les principes de l'agriculture biologique et les recommandations des organismes de référence tels que l'INRAE et le CTIFL. Une intervention rapide est souvent nécessaire pour limiter l'impact sur le développement végétatif et la fructification.
Symptômes
- Jaunissement internervaire des feuilles les plus anciennes (chlorose), les nervures restant vertes.
- Apparition de taches nécrotiques ou de coloration rougeâtre/violacée sur les feuilles affectées, notamment sur la laitue et la fraise.
- Feuilles inférieures rigides, cassantes et pouvant se recourber vers le haut.
- Ralentissement généralisé de la croissance de la plante et réduction de la taille des fruits ou légumes.
- Floraison et fructification réduites, avec des fruits de moindre qualité ou une maturation irrégulière chez la tomate et la fraise.
- Chute prématurée des feuilles sévèrement atteintes.
Causes
Plusieurs facteurs peuvent entraîner une carence en magnésium. Les sols sableux et légers sont particulièrement sujets au lessivage du magnésium par les pluies ou l'irrigation excessive. Un pH du sol trop acide peut rendre le magnésium moins disponible pour les racines. Un déséquilibre nutritionnel, notamment un excès de potassium ou de calcium, peut créer un antagonisme et empêcher l'absorption adéquate du magnésium par la plante. Des conditions de sol froid et humide, ou un système racinaire peu développé ou endommagé, peuvent également limiter l'assimilation de cet élément vital. Une forte demande des cultures à croissance rapide ou à forte production fruitière peut aussi épuiser les réserves disponibles.
Traitements biologiques
- **Pulvérisation foliaire de sulfate de magnésium (sel d'Epsom)** : Dissoudre 20 à 30 g de sulfate de magnésium pour 10 litres d'eau. Appliquer sur le feuillage le matin ou en fin de journée, en évitant les périodes de fort ensoleillement. Répéter toutes les 1 à 2 semaines si nécessaire.
- **Apport au sol de sulfate de magnésium** : Incorporer 50 à 100 g/m² de sulfate de magnésium autour des plantes affectées, puis arroser abondamment pour faciliter la dissolution et l'absorption racinaire.
- **Utilisation de dolomie (carbonate de calcium et de magnésium)** : Si le pH du sol est acide et qu'une carence en calcium est également suspectée, la dolomie peut être épandue à raison de 100 à 200 g/m² à l'automne ou au printemps, en respectant les analyses de sol.
- **Amendement avec du compost ou du fumier bien décomposé** : L'apport régulier de matière organique améliore la structure du sol, sa capacité de rétention des nutriments et favorise l'activité microbienne, rendant le magnésium plus disponible.
- **Optimisation de l'irrigation** : Éviter le lessivage excessif des sols légers par des arrosages trop fréquents ou trop abondants. Adapter l'apport en eau aux besoins réels des cultures.
- Pulvériser tôt le matin ou en fin de journée, jamais en plein soleil (risque de brûlure foliaire)
- Porter gants et lunettes pour les traitements à base de cuivre (bouillie bordelaise) ou de soufre
- Respecter strictement les dosages indiqués — un surdosage est inefficace et peut être phytotoxique
- Cuivre en agriculture biologique : plafond réglementaire UE de 4 kg/ha/an en moyenne sur 7 ans (28 kg/ha cumulés). Ne pas dépasser.
- Tenir hors de portée des enfants et animaux. Conserver les préparations dans des contenants étiquetés
- En cas de doute sur le diagnostic ou de cas critique, consulter votre DRAAF régionale ou un professionnel
Les solutions naturelles ont une efficacité préventive et limitée en curatif. Face à une infection avancée ou en contexte de verger commercial, consultez un conseiller technique (chambre d'agriculture, CTIFL, INRAE) avant intervention. Ce contenu ne remplace pas un diagnostic professionnel.
- Encyclopédie INRAE Ephytia : ephytia.inrae.fr
- CTIFL : ctifl.fr
- Réglementation cuivre AB — ANSES : anses.fr
Prévention
- **Analyse de sol régulière** : Effectuer une analyse de sol tous les 3 à 5 ans pour évaluer les niveaux de magnésium, de pH et d'autres nutriments, et ajuster les apports en conséquence.
- **Maintien d'un pH du sol optimal** : Viser un pH légèrement acide à neutre (6,0-7,0) pour la plupart des cultures, en utilisant des amendements calcaires ou magnésiens si nécessaire.
- **Apport régulier de matière organique** : Incorporer du compost, du fumier ou des engrais verts pour améliorer la fertilité et la structure du sol, augmentant sa capacité à retenir le magnésium.
- **Fertilisation équilibrée** : Éviter les excès d'engrais potassiques ou calciques qui peuvent antagoniser l'absorption du magnésium. Utiliser des engrais certifiés AB.
- **Rotation des cultures** : Alterner les cultures pour ne pas épuiser les mêmes nutriments du sol année après année et favoriser la régénération naturelle.
- **Choix de variétés adaptées** : Bien que la carence en magnésium ne soit pas une maladie, certaines variétés peuvent être plus ou moins gourmandes ou tolérantes aux déséquilibres nutritionnels.